Découvrir un cirque
Le cirque Romanès.
Ça commence.
Des coussins sont lancés par les artistes
en direction du public
Comme des baisers
à la fin d’un spectacle.
Les danses commencent.
Puis des jonglages.
Puis des cordes descendent du ciel
comme des larmes tombent
peu à peu
de mes yeux.
Mon cœur va de découvertes en découvertes.
Me voilà soudain
enfant éternel
face à un spectacle poétique ancestral.
Un enfant qui veut grandir
au plus vite,
devenir adulte,
pour pouvoir être regardé comme elle le regarde.
Pour pouvoir la soutenir
comme il lui offre ses épaules
pour aller décrocher les étoiles.
Les sourires.
Les sourires.
Les sourires.
Je n’ai jamais vu de sourires aussi authentiques.
Aussi purs.
Seul un cœur
qui écoute attentivement son cerveau
mais décide
de suivre ses élans de joie,
de légèreté
et d’amour,
peut illuminer
tout en haut
aussi magistralement un visage.
Ces sourires sont des acrobaties pour athlètes,
qui après
avoir brillamment tout réussi,
ont décidé
courageusement
de tenter l’impossible.
Mes yeux applaudissent à chaque seconde.
Ma bouche s’ouvre sur la prochaine surprise
déjà qui arrive.
Ce lieu est le domaine des cieux,
des yeux,
de la tendresse
et du corps.
A peine terminé,
je veux déjà y retourner.
J’ai un enfant intérieur, il faut dire,
à sortir.
A bâtir.
A faire grandir.
Je ne veux jamais oublier tout ce que je viens de voir,
ce soir.
A présent,
je veux juste
vivre
dans la prolongation de cette joie
qui me transforme en lanterne
le jour comme la nuit.
Me maintenir dans cette transe de partage,
d’aventure,
de magie
et d’amour.
Le cirque Romanès.
Porte Maillot.
Paris.
Je n’étais pas prêt pour cette magie.
Pour toutes les étincelles que l’essentiel
peut vous mettre un beau jour
dans les yeux.
Dans les yeux…