Lao tseu
Entrer dans la librairie « Le rêve du papillon »
et découvrir la même excitation
qu’entrer,
après une longue journée de travail,
dans un livre.
Les œuvres en vitrine
et sur les étagères
sont furtivement étudiées :
comme une quatrième de couverture
rapidement dévalée,
pour confirmer ou non
la complicité
entre cette invitation extérieure
et votre confort intérieur.
S’offrir la fraîcheur
de la nouveauté,
dans les chaussons
de la familiarité,
cette librairie apparaît comme l’extension naturelle
de votre salon,
les toutes premières images
de votre future bibliothèque.
Tout est là :
le nomadisme,
la neuroatypie,
le désir puissant
de redonner de la fraîcheur
et de l’élan à sa vie,
donc de l’ouverture
et de la douceur à son cœur.
Vous avancez jusqu’au comptoir,
comme vous vous rapprochez de la première ligne,
de la première page,
juste après la préface.
Alors immédiatement,
on vous propose un thé,
une chaise,
un sourire.
Du repos
comme dans un refuge en montagne :
c’est vrai
vous venez de grimper les tout derniers lacets
de la montagne Sainte-Geneviève.
Assis entre montagnards
du pavé,
de la curiosité,
de la diversité et de l’âme…
Assis entre aventuriers de la beauté,
de la fraternité,
de l’harmonie
et du silence….
La session enfin commence.
Pour vous déboussoler
(ou vous divertir)
Lao Tseu jaillit de 2 voix masculines
comme une musique vous parvient
harmonieusement
en stéréo
à travers deux enceintes.
Les pensées se relaient sur la scène
de l’instant présent.
Elles entrent
avec l’assurance du personnage principal.
Elles repartent aussi tôt
humblement
en coulisse
comme si le vide était un membre de la famille
dont elles devaient à présent
s’occuper.
Les interprètes ainsi se succèdent
sous le regard pensif
de votre attention,
qui à l’image d’un directeur de théâtre
en tribune,
commence sa sélection.
Des prestations lui parlent
immédiatement.
Des mots sont prononcés
et permettent de se remémorer
une situation,
une déflagration,
qui a affecté votre corps
et votre cerveau.
Mais nous n’avons pas toujours
sous la main,
pour immortaliser des moments sacrés,
un appareil photo
ou un stylo.
Après une heure, le spectacle se termine.
Lao Tseu repart en introspection
où vous pouvez à tout moment
le consulter.
En partant,
un sentiment bizarre vous habite.
Aucune révélation majeure
mais une certaine chaleur dans le corps.
Celle d’avoir rencontré des nouveaux compagnons de route.
Des présences qui vous font plonger
toujours plus loin
en vous,
chaque fois que vous vous déplacez
un peu plus profondément,
par une question,
en eux.
Ce soir,
après ces partages
tout en simplicité et en familiarité :
la solitude a une ambiance chaleureuse
de cabane,
bien loin de l’obscurité
du bunker.
La seule différence :
vous n’avez été que de passage
dans le bureau de votre cerveau,
avant de descendre
ouvrir grand
les fenêtres et les rideaux
dans le lumineux salon de votre cœur.
De votre cœur.
Entrer dans la librairie « Le rêve du papillon »
et découvrir la même excitation
qu’entrer,
après une longue journée de travail,
dans un livre.
Dans un livre.
La librairie «le rêve du papillon »,
et les Éditions Synchroniques,
7 rue des Fossés-Saint-Jacques,
Paris.